Sophrologie

Chimie des émotions

Les émotions… Elles sont connues et reconnues mais que savons-nous exactement de leur impact chimique dans notre corps ? Comment notre corps réagit ? Quelles sont leurs impacts sur nos hormones ?

Qu’est qu’une émotion ?

Les émotions sont le résultat de l’influence entre notre monde intérieur, construit à travers notre éducation, nos croyances et notre histoire personnelle, et un évènement provenant du monde extérieur, de manière biochimique et environnementale. D’ailleurs en latin, le mot émotion signifie littéralement « mouvement vers l’extérieur ». L’émotion est ce qui nous met en mouvement, nous secoue et nous fait bouger, tant sur le plan psychologique que physiologique.

L’émotion est, comme le définit le psychologue Klaus Scherer, un épisode bref au cours duquel se produisent des changements dans les différents systèmes de l’organisme (corporel, mental, comportemental) en réponse à une situation évaluée comme significative et importante (le stimulus) pour l’individu. Ces émotions induisent donc des sensations, informations véhiculées par les capteurs sensoriels de notre système nerveux central. La sensation ne nécessite aucune activité réflexive et fait partie du « Kit de survie ». En effet, nous naissons tous capables d’émotions, car elles sont innées, instinctives et inconscientes. Elles se retrouvent d’ailleurs chez de nombreux animaux, notamment chez les primates. Les émotions primaires sont un véritable langage du corps, reconnaissables aux quatre coins du monde.

D’après les travaux de Paul Ekman, il existe 6 émotions universelles et innées : la peur, le dégoût, la colère, la surprise, la joie et la tristesse.

Il n’existe pas de bonnes ou mauvaises émotions, mais nous parlerons davantage d’émotions agréables ou désagréables en fonction de la rupture plus ou moins grande qu’elle engendre par rapport à notre système de croyances. Tout émotion est en droit d’exister et d’être vécue.

Une émotion est donc une réponse psychophysiologique : elle engendre à la fois des sensations physiques et des réactions faisant appel à notre mémoire et pensée.

Comment se déclenche la réponse physique à l’émotion ?

 

L’émotion se vit, en premier lieu dans le corps via un stimulus. La rencontre entre notre monde intérieur et l’évènement extérieur va solliciter un ou plusieurs de nos cinq sens, entrainant une réponse physique à travers un influx nerveux. Ce dernier peut ainsi faire augmenter les palpitations du cœur, rendre les mains moites, faire rougir ou encore nouer le ventre. L’émotion est passagère et les ressentis physiques peuvent durer environ cinq minutes avant de s’estomper. Des ressentis ou sentiments qui n’ont plus de répercussions physiques peuvent ensuite subsister.

Grâce à l’influx nerveux, l’information parvient jusqu’au cerveau. Ce dernier envoie un message aux glandes, aux organes et aux muscles en faisant transiter l’influx nerveux par les neurones, cellules spécialisées composants le système nerveux central. Ce courant électrique permet au cerveau de coordonner les mouvements, de contrôler la respiration, les palpitations cardiaques, la transpiration, d’indiquer la faim, la joie ou encore la tristesse.

Chaque neurone est programmé pour produire, envoyer et recevoir des médiateurs chimiques spécifiques, appelés neurotransmetteurs. Chaque neurotransmetteur parcoure un trajet spécifique du système nerveux ce qui permet de générer une grande diversité d’effets biologiques : vigilance, bien-être, stress.

Quels liens entre émotions et neurotransmetteurs ?

Que provoque la joie ?

Une partie du cerveau qui gère la récompense et le bien-être est sollicitée via la dopamine.  C’est le neurotransmetteur du dynamisme, de l’entrain, de la vivacité et de l’acuité intellectuelle. Une fois activée, cette partie du cerveau communique avec d’autres parties en libérant trois neurotransmetteurs : la sérotonine pour l’euphorie ; les endorphines contre la douleur et les endocannabinoïdes contre l’anxiété.

La sérotonine correspond à la joie de vivre. Elle permet de profiter pleinement de l’instant présent. Elle participe à la régulation des comportements alimentaires et sexuels, du cycle veille/sommeil, de l’humeur et de l’anxiété. En cas de stress ou d’émotions trop intenses, la quantité de sérotonine a tendance à diminuer.

Que provoque la colère ?

Lorsque nous ressentons de la colère, notre cœur s’accélère, notre respiration devient ample, nos muscles se contractent… Dans le cerveau, un message est envoyé à l’hypothalamus qui va donner l’ordre de déverser dans l’organisme de l’adrénaline, du cortisol et de la testostérone.

Qu’en est-il de la tristesse ?

La tristesse est un moment de pause dans l’optique d’analyser d’un moment difficile. Un message est envoyé à l’hypothalamus qui déclenche une double action. A travers le système sympathique, il libère de l’adrénaline entraînant ventre noué et respiration accélérée. Parallèlement, à travers le système parasympathique, il libère de l’acétylcholine et de la noradrénaline provoquant larmes et prostration.

L’acétylcholine est responsable des fonctions liées à la pensée comme la compréhension du langage, l’intelligence, la capacité à concentrer son attention, à l’ouverture sur le monde.  

Que se passe-t-il en cas de peur ?

Les réactions de peur sont principalement contrôlées par l’amygdale. Celle-ci envoie des messages vers certains noyaux du système nerveux et l’hypothalamus. Ce dernier libère de l’adrénaline dans le sang. Par ses multiples connexions, l’amygdale influence les facultés cognitives majeures telles que l’attention, la perception ou la mémoire, ce qui correspond à certains effets d’une peur intense, qui, en situation de danger, peut « empêcher de penser ». Parallèlement, le thalamus est sollicité en transmettant l’image au cortex visuel pour analyse. En fonction de l’analyse faite, le thalamus annulera ou non l’activité de l’amygdale.

Si les neurotransmetteurs sont produits en excès ou de manière insuffisante, le signal chimique ne sera pas délivré correctement à l’organisme. Ces dérèglements peuvent alors engendrer une altération du comportement comme la fatigue, la déprime, le manque d’entrain, ou encore de l’anxiété sans raison apparente.

Ainsi, comme nous pouvons le constater les émotions se rattachent à différents circuits neurologiques (et non pas à un centre unique) et donc différents neurotransmetteurs. D’ailleurs, les chercheurs soulignent l’existence d’une pluralité de « cerveaux émotionnels » dans le cerveau, chaque émotion correspondant à une unité cérébrale distincte ou à un système composé de plusieurs unités cérébrales interconnectées. Néanmoins, il n’en reste pas moins que l’hypothalamus est souvent au cœur de l’accueil des émotions. Or cette structure du système nerveux central est aussi responsable d’autres processus métaboliques, dont les fonctions reproductives.

Hypothalamus et hormones sexuelles

L’hypothalamus sécrète de la GnRH, hormone messagère stimulant l’hypophyse, qui en réponse va produire de la LH et de la FSH nécessaires au bon fonctionnement des ovaires et du cycle à travers la production d’œstrogènes et de progestérone.

Or l’hypothalamus gère également, en partie, les émotions ! Si l’hypothalamus est gêné par l’arrivée massive d’émotions, il ne peut plus assurer la production de GnRH et maintenir le lien avec l’hypophyse.

Ainsi, lorsque les émotions sont en dents de scie, la production hormonale est chamboulée ce qui peut provoquer entre autres un retard ou une absence d’ovulation ou bien une aménorrhée…Ne recevant pas les bons messages, l’hypophyse se met alors à produire en excès de la prolactine, hormone qui bloque l’ovulation.

Les émotions s’expriment brièvement au travers de notre corps et se transforment au niveau du cerveau pour les accueillir comme agréables ou non, et ce, en fonction de nos croyances, notre éducation, de notre histoire personnelle. Les émotions ont pour fonction de nous envoyer un message important sur notre état mental et nos ressentis. Elles sont inévitables et nécessaires pour vivre au mieux nos relations aux autres.

          Une émotion forte, refoulée, non évacuée ou bien des émotions trop intenses et répétées peuvent affecter le bon fonctionnement de l’organisme, et notamment l’hypothalamus au centre de la régulation des messages envoyés aux ovaires responsables de la production d’œstrogènes et de progestérone.

Les techniques de relaxation, comme la sophrologie, offrent des outils de respiration et de visualisation permettant d’apprendre à accueillir les émotions. Ces méthodes sont d’autant plus importantes pour assurer l’équilibre du cycle féminin, dont les bouleversements hormonaux sont souvent intenses.

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