Sophrologie

Les émotions

Si nous naissons capables d’émotions, nous devons apprendre à les accueillir, à les comprendre, à les exprimer puis à les gérer ou les contenir. Cet apprentissage s’effectue tout au long de l’enfance. Cependant, dans nos sociétés actuelles, les émotions sont refoulées pour faire place à l’efficacité, la productivité, la neutralité. Montrer ses émotions est parfois (souvent ?) perçu comme signe de faiblesse. Pourtant elles sont inévitables et nécessaires pour vivre au mieux nos relations aux autres. La sophrologie est une méthode qui permet de leur redonner toute leur place et d’apprendre à les vivre sereinement.

L’émotion, un concept aux multiples caractéristiques

Les caractéristiques essentielles des émotions .

Le mot émotion vient du latin « ex » et « movere » ce qui signifie littéralement « mouvement vers l’extérieur ». Isabelle Filliozat parle, elle, de mouvement de la vie en soi.

La signification précise de ce terme est sujet de débats entre sociobiologistes depuis plus d’un siècle. Retenons cependant l’approche du psychologue gènevois contemporain Klaus Scherer qui définit l’émotion comme un épisode bref au cours duquel se produisent des changements dans les différents systèmes de l’organisme (corporel, mental, comportemental) en réponse à une situation évaluée comme significative et importante (le stimulus) pour l’individu. Ces émotions induisent donc des sensations, informations véhiculées par les capteurs sensoriels de notre système nerveux central. La sensation ne nécessite aucune activité réflexive et fait partie du « Kit de survie » (Damasio).

Consensus autour de la classification des émotions

La plupart des scientifiques s’accordent pour classer les émotions en deux groupes :

  • Les émotions de base (ou primaires) au nombre de six : la peur, la colère, la tristesse, le dégoût, la joie et la surprise. Selon Paul Eckman, ces émotions innées sont associées à des expressions faciales distinctes et universelles. Elles sont automatiques, inconscientes et se retrouvent chez de nombreux animaux, notamment chez les primates. Les émotions primaires sont un véritable langage du corps, reconnaissables aux quatre coins du monde.
  • Les émotions sociales sont, quant à elles, davantage liées au développement de l’enfant et apparaissent au moment où celui-ci différencie ses états mentaux de ceux des autres, entre dix-huit et vingt-quatre mois. Elles sont complexes car elles impliquent des processus cognitifs élaborés. Il s’agit des émotions que l’on ressent en présence d’un tiers telles que l’envie, la culpabilité, la jalousie, la honte, le mépris, l’admiration… la liste étant non exhaustive.

Rappelons qu’il n’existe pas de bonnes ou mauvaises émotions. Tout émotion est en droit d’exister et d’être vécue. Elles ne définissent pas la personne que nous-sommes.

Les émotions à la base de l’adaptation et de la communication

Selon Charles Darwin (L’expression des émotions chez l’homme et les animaux, publié en 1872), les expressions émotionnelles permettent la survie et la reproduction des espèces.

Les émotions, vecteurs de communication

Exprimer ses émotions et savoir reconnaître les émotions éprouvées par les autres est indispensable pour la qualité des relations inter-individuelles. En effet, la plupart des émotions sont extériorisées par des expressions faciales, des postures, des gestes. Savoir les déchiffrer sur le visage des interlocuteurs qui nous entourent permet d’adapter notre comportement et de mieux communiquer avec eux. Rappelons – cependant – que les expressions émotionnelles sont en partie déterminées par le contexte culturel et social et ne révèlent pas toujours le caractère authentique d’une personne. Les Japonais, par exemple, développent très peu leur expressivité et la masquent.

Les émotions, éléments de formation de l’individu

Reconnaitre ses émotions, agréables ou non, c’est accepter la personne que l’on est, c’est construire la confiance en soi, construire son identité. Cette capacité permet de faire face aux difficultés de la vie, aux autres, à la survenue d’épreuves, à l’émergence de la souffrance, de la maladie et à la présence de la mort. Il s’agit de développer l’intelligence émotionnelle, c’est-à-dire d’apprendre à percevoir ses émotions, à les comprendre en relation avec l’action vécue, puis de décoder leur signification et leur intensité afin de s’autoréguler. L’intelligence émotionnelle fait appel à deux capacités : être conscient de soi, se comprendre, s’exprimer, d’une part, et, d’autre part, percevoir ses propres émotions ainsi que celles des autres afin de les discriminer et de les utiliser pour construire sa pensée et ses actions.

Dans ce cadre, la sophrologie est un véritable outil permettant de prendre conscience de ses émotions, de les nommer, de les accepter puis de les réguler. Ce travail permet d’éviter ainsi tout blocage énergétique dans l’organisme pouvant alors causer des troubles physiologiques plus ou moins intenses.

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